CHAMP ET BORDURES DU TAPIS
En Orient, le tapis a toujours rempli une double fonction, à la fois
pratique et symbolique.
Il constitue en effet un espace magique où les bordures représentent
les éléments terrestres et humains,
érigés en défenseurs du champ, représentant l'univers et le divin.
Le champ d'un tapis symbolise indiscutablement le
caractère indéfini de la figure divine, présent dans plusieurs religions mais qui, dans la religion musulmane, est un concept essentiel. Allah est partout, en tous lieux, et le champ du tapis,
formé de points infinis, représente précisément cette idée.
Tout comme chaque dessin, le tapis peut donc
être le médiateur entre Dieu et les fidèles, et la multiplication d'éléments modulaires dans le champ rend graphiquement l'idée de ce concept d'ubiquité du centre.
Les symboles qui apparaissent autour de cet espace représentant
symboliquement le divin ne sont rien d'autre que les intermédiaires qui vont favoriser l'élévation du fidèle en le plongeant dans un univers paradisiaque en contact avec la divinité, et cela même
lorsqu'ils reproduisent fidèlement et simplement des éléments naturels.
Évidemment, cet espace sacré doit être restreint et ne pas être souillé par la sphère profane. C'est dans ce but que l'on a créé les bordures. Les motifs, très divers mais désormais bien répertoriés, qui les habitent sont toujours et de façon obsessionnelle répétés à l'identique sur tout le périmètre du tapis. C'est là une simple mais efficace façon symbolique de rappeler la petitesse, la fragilité et le lent, inexorable et éphémère parcours de l'homme par rapport à l'infini divin.
LE PAVAGE
C'est le motif le plus ancien connu, retrouvé sur le tapis de Pazyryk (Ve
siècle avant notre ère). Il est constitué d'un élément du champ répété à l'identique.
Sur le tapis de Pazyryk, le motif de base du champ est
carré, contenant une étoile.
Tapis urbain, ce tapis présente
un motif imitant les pavages des palais. On peut penser que les chefs de clans nomades, réunis par leur roi, ont repris ce motif sur leurs tapis, le pavage devenant alors signe d'autorité et de
prestige.
La forme géométrique de base est
variable : on peut également avoir un hexagone, un octogone, régulier ou non, un losange, ou une forme quelconque, mais qui peut se reproduire sans élément intermédiaire.
Les tapis Belouchs ont su conserver ce type de motif ancien.
Parmi les autres tapis, ceux de Bakthiar ont souvent une base de pavage, même si les éléments sont souvent loin d'être tous identiques.
Voir l'exposition sur les tapis à pavage. Bouchemaine 24 janvier-23 février 2020.
Documentation: Livre "Carrelage de laine, les tapis à pavage".
2026 : PAVILLON SONORE DU 17 JANVIER 2026. RENCONTRE AVEC SAMIR AOUAD
Pour réserver: envoyer un mél à [email protected] en indiquant votre nom et le nombre de places souhaitées.
Le Pavillon sonore est une animation hors des sentiers battus, proposée par Sir Ali, journaliste musical, animateur de radio, au carnet d'adresse rempli de musiciens haut de gamme, initialement pour les médiathèques du Pays d'Ancenis.
Ce projet musical unique né en 2021 qui s'adresse à tout public englobe plusieurs objectifs. Fondée sur une zone géographique, un style musical et un instrument, chaque séance initie à l'écoute musicale et dévoile les caractéristiques sonores d’une région de la planète. Des éléments historiques, sociaux, voire géopolitiques peuvent compléter et aider à situer les musiques présentées. Les séances, d'une durée de 90 minutes, sont sous forme de causerie, une rencontre intimiste entre artistes et le public, incluant des passages musicaux, les échanges, une transmission de connaissances diffusée de manière simple, abordable pour tout public. Le tout sans prétention mais avec profondeur. Et avec cette 17e édition, le Pavillon sonore sort du circuit des médiathèques publiques pour s'installer dans une autre catégorie de lieu culturel.
Ce Pavillon sonore n°17 se positionne dans une atmosphère idéale : lors de l'inauguration de l'exposition de tapis orientaux, organisée par un vrai spécialiste, Paul Bonnevie, l'homme passionné et passionnant, expert-collectionneur de tapis. Et pour cette occasion particulièrement exceptionnelle, Sir Ali accueille un jeune maître de oud, l'instrument le plus répandu et le plus représentatif de toute l'hémisphère orientale : Samir Aouad. Un plaisir multiple pour l'artiste, l'organisateur, l'animateur, et bien évidemment, un enchantement pour le public.
Samir Aouad est un artiste authentique et qui n'hésite pas à pousser son instrument jusqu’à ses limites et au-delà. De plus, il est aussi très fin connaisseur, conférencier en matière historique et géographique à propos du oud.
Cet instrument à 11 cordes souvent mal connu et refoulé dans la catégorie “folklore” est en réalité millénaire et indirectement le symbole de tout l'Orient. Apparu il y a environ 3000 ans en Mésopotamie, le oud s’est développé au fil des siècles et s'est étendu dans de multiples régions du Moyen-Orient, de l'Iran au Maroc, en passant par Bagdad et Istanbul.
Le Pavillon sonore du 17 janvier 2026 à 16h
L'exposition des tapis d'orient - Abbaye de Bouchemaine
Réservations obligatoire : [email protected]