MOTIFS ANIMALIERS
LE SERPENT
En Perse, le serpent signifie partout le renouveau, considérant son phénomène de
mue comme une transformation de l’être mauvais en être bon.
Le serpent est représenté sur des tapis de nomades des régions sèches et arides; il semble qu’il s’agit d’un appel lancé au serpent, maître de l’eau et régénérateur, dont l’homme a besoin pour sa survie.
LA TORTUE
La tortue est l’image de l’univers et elle contribue à sa stabilité.
Elle symbolise le ciel par sa carapace ronde et la terre ( plate comme elle).
On retrouve là le symbole du dôme représentant la voûte céleste.
Le prophète Mahomet, élevé au ciel, décrit le dôme comme une coupole de nacre blanche reposant sur quatre
piliers.
La coupole est l’esprit universel enveloppant le monde, les piliers sont les angles du cube cosmique, ses composantes
animistes et corporelles.
Sa carapace et sa cervelle
servent à préparer des drogues d’immortalité.
LES OISEAUX : LE PAON
Dans l’art persan, deux paons placés de part et d’autre de l’arbre de vie symbolisent le dualité psychique de l’homme.
Dans la tradition bouddhique, le paon illustre la compassion.
Dans la tradition chrétienne, le paon représente l’immortalité.
LES OISEAUX: LE CYGNE
Dans tout l’Orient, le cygne est symbole de la lumière fécondatrice.
Au Caucase, il subsiste une légende:
Trois cygnes
qui n’étaient que trois jolies jeunes femmes, se baignaient dans un lac merveilleusement bleu. Un homme passa et vola un vêtement.
Deux des cygnes purent reprendre leurs ailes et s’envoler. L’autre resta à terre. L’homme la prit pour épouse et elle
lui donna seize enfants. Après cet exploit, elle s’envola dans le ciel en recommandant au chasseur de faire célébrer des fêtes spéciales en son honneur.
Deux fois par an, elle passera dans le ciel avec les siens et rendra fécondes les femmes
stériles.
En Chine, le cygne a une signification impériale. Afin que leur souverain mythique soit à la hauteur de ses charges, on lui fait boire du sang de cygne, symbole de noblesse et d’élégance.
LE DRAGON
Animal mythologique d’origine chinoise, symbolisant la bonne fortune. Il
représente la puissance. Il est le symbole de la force vitale et créative de la nature (yang) et en même temps de l’empereur.
Cet animal fabuleux est représenté avec des ailes et une queue de serpent.
Dans le folklore chinois, le dragon est un poisson transformé, figuré voguant sur une eau impétueuse et dissimulé à
moitié par les nuages.
Associé à la pluie et à la
fertilité, il est représenté poursuivant une boule entourée de flammes, dite « perle », sans doute le symbole du tonnerre ou du soleil.
Les dragons sont tous gardiens de trésors cachés, des valeurs sacrées. Le dragon
est le subconscient, gardien vigilant de l’esprit originel.
Le dragon symbolise aussi la
bonté et la sagesse.
Le dragon apparaît plus ou moins stylisé dans des formes simples ou complexes à déchiffrer.
L’ARAIGNEE
Dans les pays islamisés, l'araignée est bénéfique. Le Prophète, selon la
légende, aurait été soustrait à la vindicte de ses poursuivants par une araignée blanche, qui aurait tissé sa toile, sitôt le prophète réfugié dans une grotte ; les poursuivants ayant alors passé
leur chemin.
L’araignée noire ou brune, la
tarentule, comme le scorpion est néfaste et suscite la crainte. En effet, constamment prêts à piquer, ils sont synonymes d’agressivité, de violence.
Leur façon de se dissimuler sous
les objets usuels, ou le vêtement de l’homme, de se glisser jusque dans sa couche, inspire la méfiance et laisse à penser que l’ennemi est d’autant plus dangereux qu’il se tient dissimulé près de
soi.
Leur utilisation vise à s’en
protéger.
L’araignée est aussi un symbole cosmologique : la forme rayonnante de la toile
d’araignée symbolisant le soleil qui sécrète ses rayons, comme l’araignée ses fils. Elle est aussi le symbole du tissage.
En Asie centrale, elle représente l’âme libérée du corps.
Dans d’autres régions, elle
symbolise, par son fil, le lien entre le créateur et sa créature, la terre et le ciel.
Tapis du Caucase. Dans chaque
médaillon, quatre grosses araignées.
LE SCORPION, LE CRABE
Animal dont la marche latérale est synonyme de prudence.
Les pinces, en demi-cercle comme un croissant de lune, aux extrémités acérées, griffées dans la nuit comme dans la mer sont aussi un rappel du croissant islamique.
LE PHENIX
Le phénix : aigle gigantesque, au splendide plumage, il se détruit par le feu,
tous les 100 ou 500 ans selon les légendes, et renaît de ses cendres.
Associé au Soleil, il symbolise
la longévité, le renouveau éternel et l’immortalité.
On trouve aussi des tapis de Chine, du Népal, du Tibet associant dragon et phénix.
LES OISEAUX : L’AIGLE
L’aigle est porteur du feu divin, symbole céleste et solaire.
Les Turcs ont des représentations de cet oiseau depuis le XIIIè siècle ( aigle bicéphale seldjoukide à
Konya).
Au
Caucase, le Très-Haut envoie l’aigle au secours des hommes tourmentés par les mauvais esprits qui leur apportent la maladie et la mort.
Symbole de l'indépendance, de la force, de la noblesse, plus particulièrement sur les tapis du Caucase
Dans la tradition préislamique de l’Iran, l’aigle représente la puissance et la
force, il annonce la victoire.
La représentation d’Ahura Mazda est partout sous la forme d’un aigle aux ailes déployées.
Ci-dessous, tapis du Caucase, Kazak Adler: Aigle
Le champ pourrait représenter un aigle dépourvu de tête, peut-être pour des questions religieuses, d’où pointent la
queue, les ailes et le cou. Le corps de l’oiseau se détache sur un motif cruciforme élémentaire.
LES OISEAUX : LE COQ
Par rapport à tous les autres animaux, le coq jouit dans tout l’Orient d’une
grande vénération.
Dans le zoroastrisme, religion des anciens persans, il réveille les croyants et les invite à l’aurore à réciter les
prières du matin.
Dans l'Islam, le fidèle qui repousse la tentation de la paresse et se lève vivement au premier chant du coq, entrera le premier au paradis.
Non seulement, le coq est le protecteur de la foi, mais il est celui qui annonce
l’avènement du soleil effaçant les mauvaises influences de la nuit; il éloigne les esprits méchants des maisons et des tentes.
Il écarte le démon-génie qui porte l’être au désir malsain, à la convoitise et à la soif du mal.
Il est l’éternel combattant entre le bien et le mal.
2026 : PAVILLON SONORE DU 17 JANVIER 2026. RENCONTRE AVEC SAMIR AOUAD
Pour réserver: envoyer un mél à [email protected] en indiquant votre nom et le nombre de places souhaitées.
Le Pavillon sonore est une animation hors des sentiers battus, proposée par Sir Ali, journaliste musical, animateur de radio, au carnet d'adresse rempli de musiciens haut de gamme, initialement pour les médiathèques du Pays d'Ancenis.
Ce projet musical unique né en 2021 qui s'adresse à tout public englobe plusieurs objectifs. Fondée sur une zone géographique, un style musical et un instrument, chaque séance initie à l'écoute musicale et dévoile les caractéristiques sonores d’une région de la planète. Des éléments historiques, sociaux, voire géopolitiques peuvent compléter et aider à situer les musiques présentées. Les séances, d'une durée de 90 minutes, sont sous forme de causerie, une rencontre intimiste entre artistes et le public, incluant des passages musicaux, les échanges, une transmission de connaissances diffusée de manière simple, abordable pour tout public. Le tout sans prétention mais avec profondeur. Et avec cette 17e édition, le Pavillon sonore sort du circuit des médiathèques publiques pour s'installer dans une autre catégorie de lieu culturel.
Ce Pavillon sonore n°17 se positionne dans une atmosphère idéale : lors de l'inauguration de l'exposition de tapis orientaux, organisée par un vrai spécialiste, Paul Bonnevie, l'homme passionné et passionnant, expert-collectionneur de tapis. Et pour cette occasion particulièrement exceptionnelle, Sir Ali accueille un jeune maître de oud, l'instrument le plus répandu et le plus représentatif de toute l'hémisphère orientale : Samir Aouad. Un plaisir multiple pour l'artiste, l'organisateur, l'animateur, et bien évidemment, un enchantement pour le public.
Samir Aouad est un artiste authentique et qui n'hésite pas à pousser son instrument jusqu’à ses limites et au-delà. De plus, il est aussi très fin connaisseur, conférencier en matière historique et géographique à propos du oud.
Cet instrument à 11 cordes souvent mal connu et refoulé dans la catégorie “folklore” est en réalité millénaire et indirectement le symbole de tout l'Orient. Apparu il y a environ 3000 ans en Mésopotamie, le oud s’est développé au fil des siècles et s'est étendu dans de multiples régions du Moyen-Orient, de l'Iran au Maroc, en passant par Bagdad et Istanbul.
Le Pavillon sonore du 17 janvier 2026 à 16h
L'exposition des tapis d'orient - Abbaye de Bouchemaine
Réservations obligatoire : [email protected]